- Tous les mois : chaque bloc doit s’allumer quand on coupe l’alimentation normale.
- Tous les 6 mois : test d’autonomie, au moins 1 heure d’éclairage sur batterie.
- Tous les ans : vérification complète par un technicien qualifié, y compris pour les blocs équipés d’un SATI.
- Preuve : chaque contrôle, anomalie et remplacement est consigné dans le registre de sécurité.
1. BAES : de quoi parle-t-on ?
Un BAES (bloc autonome d’éclairage de sécurité) est un luminaire équipé de sa propre batterie, qui s’allume automatiquement en cas de coupure de l’alimentation normale. On distingue deux usages.
- L’éclairage d’évacuation balise les sorties, les changements de direction et les escaliers. Chaque bloc fournit au moins 45 lumens, et les blocs sont espacés de 15 mètres au plus dans les circulations.
- L’éclairage d’ambiance, ou anti-panique, éclaire uniformément les grands locaux, avec au moins 5 lumens par m² de surface, pour éviter la panique pendant l’évacuation.
Les BAES relèvent de la norme produit NF C 71-800. Dans les locaux à sommeil, on trouve aussi des BAEH (blocs pour habitation), soumis à leurs propres exigences.
2. Les textes applicables
Lieux de travail. Le Code du travail (article R4227-14) et l’arrêté du 14 décembre 2011 relatif aux installations d’éclairage de sécurité imposent un éclairage de sécurité permettant l’évacuation, maintenu en bon état de fonctionnement et vérifié périodiquement.
Établissements recevant du public (ERP). Le règlement de sécurité du 25 juin 1980 traite l’éclairage de sécurité dans ses articles EC 7 à EC 15. L’article EC 14 fixe les vérifications périodiques à la charge de l’exploitant et leur inscription au registre de sécurité. Pour les petits établissements (5e catégorie), l’article PE 24 précise où l’éclairage d’évacuation est exigé : escaliers, circulations de plus de 10 mètres ou à cheminement complexe, salles de plus de 100 m².
Maintenance. La norme NF C 71-830 décrit les opérations de maintenance des blocs autonomes. Elle sert de référence aux prestataires et aux assureurs.
3. La périodicité des contrôles
| Échéance | Contrôle | Référence | Par qui |
|---|---|---|---|
| Tous les mois | Passage à l’état de fonctionnement : coupure simulée, chaque bloc s’allume puis revient en veille | EC 14, arrêté du 14 décembre 2011 | Exploitant ou personne désignée |
| Tous les 6 mois | Test d’autonomie : au moins 1 heure d’éclairage sur batterie | EC 14, arrêté du 14 décembre 2011 | Exploitant ou personne désignée |
| Tous les ans | Vérification complète : chaque bloc, batteries, connexions, pictogrammes, diffuseurs, conformité de l’implantation | EC 15 (ERP), NF C 71-830 | Technicien compétent |
| Tous les 4 à 6 ans | Remplacement des batteries, selon le fabricant | Notice du fabricant | Technicien qualifié |
| Après tout défaut | Réparation ou remplacement du bloc, de la batterie ou de la lampe | EC 14 | Technicien qualifié |
Le test d’autonomie décharge les batteries : il se fait en dehors des heures d’ouverture, car les blocs mettent plusieurs heures à se recharger et ne protègent plus les occupants pendant ce temps.
4. Le cas des blocs avec SATI
Les blocs équipés d’un SATI (système automatique de test intégré) réalisent eux-mêmes les tests de fonctionnement et d’autonomie, et signalent un défaut par un voyant. C’est un vrai gain de temps, mais pas une dispense.
- Il faut relever régulièrement les voyants de chaque bloc.
- Chaque défaut signalé doit être corrigé et inscrit au registre.
- La vérification annuelle par un technicien reste nécessaire.
5. Ce que doit contenir le rapport de vérification
- L’identification du client, du site et des bâtiments visités, et la date d’intervention
- L’identité du technicien et de l’entreprise
- L’inventaire des blocs : numéro, emplacement, fonction (évacuation ou ambiance), marque et référence, présence d’un SATI, date de la batterie
- Pour chaque bloc : allumage sur coupure, autonomie, voyant de charge, état du diffuseur, pictogramme, fixation
- La comparaison entre le plan d’implantation et la réalité, et les blocs manquants
- Les anomalies, chacune avec l’action préconisée et son délai
- Les blocs, batteries ou lampes remplacés pendant la visite
- Les prochaines échéances (tests mensuels et semestriels, prochaine vérification annuelle, batteries à remplacer)
- La signature du technicien
Le compte rendu est ensuite conservé dans le registre de sécurité, avec le plan d’implantation des blocs et la preuve de levée des réserves.
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6. Les erreurs qui coûtent cher
- Se contenter de « ça s’allume » : un bloc qui s’allume mais ne tient pas une heure est non conforme.
- Faire le test d’autonomie en pleine journée : les occupants restent sans éclairage de sécurité le temps de la recharge.
- Croire que le SATI suffit : sans relevé des voyants ni inscription au registre, il n’y a aucune preuve.
- Ne pas noter la date des batteries : impossible ensuite de planifier les remplacements.
- Rédiger le rapport le soir, de mémoire : sur des dizaines de blocs, c’est là que se perdent les emplacements et les anomalies.
Et si le rapport s’écrivait pendant la tournée ?
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7. Questions fréquentes
La vérification des BAES est-elle obligatoire ?
Oui. L’éclairage de sécurité doit être maintenu en bon état de fonctionnement dans les lieux de travail (Code du travail et arrêté du 14 décembre 2011) comme dans les ERP (article EC 14 du règlement de sécurité). Les résultats des contrôles sont consignés dans le registre de sécurité.
À quelle fréquence faut-il tester les blocs de secours ?
Chaque mois, on vérifie que chaque bloc s’allume quand l’alimentation normale est coupée. Tous les six mois, on vérifie l’autonomie d’au moins une heure. S’y ajoute une vérification annuelle complète par un technicien compétent (article EC 15 en ERP).
Un BAES avec SATI dispense-t-il de la vérification ?
Non. Le SATI (système automatique de test intégré) réalise lui-même les tests de fonctionnement et d’autonomie et signale un défaut par un voyant. Il faut toujours relever ces voyants, agir sur chaque défaut, l’inscrire au registre et faire la vérification annuelle.
Quelle autonomie doit avoir un bloc de secours ?
Au moins une heure. Un bloc qui s’allume mais ne tient pas une heure lors du test semestriel est non conforme, même s’il paraît fonctionner.
Quand faut-il changer la batterie d’un BAES ?
En général tous les 4 à 6 ans, selon les préconisations du fabricant, et dans tous les cas dès que le test d’autonomie échoue. Chaque remplacement est inscrit au registre.
Que doit contenir le rapport de vérification des BAES ?
L’identification du site et du technicien, l’inventaire des blocs (emplacement, fonction évacuation ou ambiance, référence, présence d’un SATI, date de la batterie), le résultat des tests sur chaque bloc, les anomalies avec l’action et le délai préconisés, les remplacements effectués et les prochaines échéances.
À lire aussi : Vérification des extincteurs · Vérification des RIA · Calendrier de toutes les vérifications incendie.
Sources
Code du travail, article R4227-14 · Arrêté du 14 décembre 2011 relatif aux installations d’éclairage de sécurité · Arrêté du 25 juin 1980 portant règlement de sécurité dans les ERP, articles EC 7 à EC 15 (dont EC 14 et EC 15 pour les vérifications) et PE 24 · Normes NF C 71-800 (BAES) et NF C 71-830 (maintenance des blocs autonomes). Ce guide est informatif : référez-vous toujours aux textes en vigueur et aux exigences de votre assureur.